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Hommage aux soldats qui dorment sous nos pommiers

Avec une journée de retard , je souhaitais partager avec vous un discours que je trouve magnifique afin de rendre hommage à tous ces soldats courageux qui dorment sous nos pommiers et grâce auxquels nous savourons cette douce liberte ♥

 

Discours de Mme D’Ornano, Conférence de Presse du 10 Novembre à New York.

 

 

Tout d’abord et avant toute chose je voudrais dire aux vétérans qui sont ici ce soir que c’est un immense honneur pour moi que de les avoir à mes cotés.

 

Ils tiennent une place importante dans mon cœur, dans celui de tous les français, et plus particulièrement encore dans le cœur des Normands.

 

La Normandie est une des plus jolies régions de France. C’est la terre des Vikings et celle de Guillaume Le Conquérant.

 

C’est une région riche en histoire et en architecture. C’est ici qu’est né l’impressionnisme.

 

C’est un beau pays. Dans les terres, nous fabriquons le beurre, le cidre, le calvados et nous élevons des purs sangs.

 

C’est une terre de paix, un beau pays.

 

Mais il y a 59 ans et demi, c’était une terre où régnait le désespoir, une terre dans le besoin.

 

Le seul espoir que nous avions c’était que quelque chose ou que quelqu’un arrive par la mer.

 

Mais cela paraissait tellement impossible, tellement inconcevable que personne n’y croyait vraiment.

 

Si vous n’y avez jamais été, si vous n’avez pas vu les falaises depuis la mer, si vous n’avez pas senti la force du vent en Normandie un jour de tempête, alors vous ne pouvez comprendre ce qu’impossible veut dire.

 

Mais c’est arrivé. L’impossible est arrivé.

 

Et on nous a rendu la liberté.

 

Et maintenant nous sommes à nouveau une terre de paix, un beau pays.

 

Mais le prix payé, les sacrifices faits ne seront jamais oubliés.

 

La différence entre ce beau pays avant et ce beau pays aujourd’hui vient du fait que des milliers et des milliers de jeunes gens dorment sous nos pommiers.

 

Tous les jours quand je prends la route entre la ville de Deauville où je vis et la ville de Caen ou je travaille, environ 40 minutes de trajet, je passe devant deux cimetières de guerre.

 

 Et tous les jours je me demande :

 

Est-ce qu’il avait moins peur, est-ce qu’il avait moins le mal de mer, est-ce qu’il avait moins froid que moi ce jeune homme qui n’est jamais rentré chez lui ?

 

Est-ce qu’il était le chouchou du prof, est-ce qu’il était le petit fils préféré de sa grand-mère, le Don Juan de son quartier, le gosse d’à côté ?

 

Quel était le son de sa voix, la couleur de ses yeux ? Est-ce qu’il avait des taches de rousseur ?

Quelle était sa chanson préférée, sa façon de rire ?

 

Est-ce qu’il était grand ou petit, brun ou blond ? Noir ou blanc ? Avait-il du sang Indien ?

 

Est-ce qu’il était bon en baseball, en science, en musique ou à rien du tout?

 

Etait-il amoureux au moment où il est tombé? Est-ce qu’il a souffert ?

 

Mais surtout était-il terrifié ? Avait-il moins envie de vivre que moi ?

 

La réponse est non.

 

Qu’il dorme sous l’étoile de David ou sous la croix chrétienne, qu’il ait été reconnu par un homme ou connu de Dieu seul, qu’il ait une famille qui le pleure ou personne pour verser une larme sur sa tombe, il était, comme nous le sommes tous, vivant, avec des rêves plein la tête, et un cœur qui battait en arrivant sur les plages Normandes.

 

Je me demande ce qu’il a ressenti en quittant sa ville natale, ses parents, son amie, peut-être sa femme, peut-être même ses enfants ?

 

Est-ce qu’il s’est retourné une dernière fois avant de partir ou a-t-il avancé fièrement pour ne pas montrer son inquiétude et ne pas voir celle de ses proches.

 

A-t-il réalisé une seconde l’immensité de l’océan qu’il allait traverser ?

 

Connaissait-il le nom des plages où il allait atterrir?

 

Je ne connais pas son nom. Il en a tellement.

 

Mais je sais que la terre normande lui appartient, vous appartient,  à vous, Messieurs.

 

Vous etes ici chez vous. Ces garçons qui sont restés ici avec nous étaient vos amis. Ils vous ressemblaient, ils pensaient comme vous et vous êtes l’image vivante de leur courage.

 

Il a fallut 80 jours pour libérer la Normandie et pendant 80 jours en 2004 nous célèbrerons avec émotion, avec joie et avec gratitude l’extraordinaire bataille qui s’est déroulée en Normandie.

 

Nous le ferons avec fierté, nous le ferons avec amour, nous le ferons à bras grands ouverts.

 

Nous le ferons je l’espère avec de nombreux vétérans. Chacun d’entre eux se verra remettre un insigne nominatif en signe de commémoration durant les cérémonies officielles.

 

 Nous acclamerons les vétérans, nous le ferons avec des jeunes, des écoliers.

Vous avez vu dans le film, l’association « Les Fleurs de la Mémoire », créée il y a trois ans. Cette association fleurit les tombes des soldats.

Nous souhaitons que des écoliers le fassent à leur tour, que des enfants adoptent la tombe d’un jeune homme qui n’avait que quelques années de plus qu’eux.

 

Il y aura des feux d’artifice, des concerts, des expositions, des défilés, des gens qui vont danser, agiter des drapeaux, boire du calvados…

 

Mais ce que vous ne trouverez pas dans les dossiers de presse, parce qu’il est impossible de l’écrire, c’est notre gratitude et l’assurance que nous n’oublierons jamais.

 

C’est cela que je suis venue vous dire ici ce soir. Je vous remercie.

 

 

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  1. Magnifique ! Très beau discours…

    Réponse
  2. Il est très émouvant ce discours d’autant plus que je l’ai lu à peine revenue du Linge où le champ de bataille (même si c’est 14-18) enfouie dans la brume nous a profondément émus !

    Réponse
  3. Soyons reconnaissants à jamais !

    Réponse

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